La morale agonise au Faso a dit l’élu. Donc la fin justifie les moyens dans un contexte ou l’homme politique a besoin d’argent pour financer sa carrière.
Il existe de nos jours une nouvelle race de serviteurs de la nation, pressée de se servir de la politique pour se servir. La politique pour eux est un moyen rapide de mobilité socio-économique. Ils mêlent affaires et politique de manière systématique. Leurs réussites politiques semblent se doubler de fructueux avantages privés. Pour ces fonctionnaires, la politique fait fructifier l’économie. Leur fortune dépend donc énormément de leur accession à un poste important dans l’administration ou la politique.
En contact avec une entreprise pour la réalisation d’un marché public ces cadres sont tentés de lui demander de passer à leurs domiciles pour quelques travaux. Le hic c’est que ces cadres ne veulent pas forcément de factures et quand bien même ils la réclameraient que l’entrepreneur oublierait de la leur envoyer.
Aussi ils se susurrent que les occupants de certains postes reçoivent deux clefs et un numéro dès le lendemain de leur nomination.
La clef d’une voiture luxueuse, une deuxième d’une villa et le numéro est celui d’un compte bancaire alimenté régulièrement. Vraies ou fausses affirmations ? Il faut être nommé à ces postes pour avoir le cœur net.
Reste un triste constat ! Moins de deux mois après leurs nominations à des postes de responsabilité, certains hauts fonctionnaires se retrouvent avec trois voitures à domicile: celle affectée aux besoins de madame est la même qui sert à amener les enfants à l’école. Une deuxième est utilisée pour les virées nocturnes en ville, et fait office de taxi pour la maîtresse. La dernière un véhicule 4x4 tout terrain de préférence permet de joindre l’intérieur du pays. Le système politique burkinabè à l’image de toute démocratie tire sa légitimité de règles préétablies.
N’en déplaise à certains toute démocratie est fondée sur un ensemble de valeurs plus ou moins complexes qui la soutiennent. Et Giovanni SARTORI dans sa théorie de la démocratie a affirmé que « politique et éthique ne sont ni identiques ni isolées l’une de l’autre dans des compartiments étanches ». La violation des valeurs morales fragilisent donc la légitimité des élus et partant celle de la démocratie burkinabè. Là ou la corruption est de mise, le lien de confiance entre électeurs et élites(ou élus)se rompt. C’est pourquoi prétendre que la corruption est un phénomène secondaire au Faso, ou que c’est un mal inévitable- à combattre tout en sachant qu’il est impossible de l’éradiquer- est une attitude cynique.
Certes aucun pays au monde n’est entièrement exempt de corruption. Mais là ou l’intérêt public se distingue des intérêts privés ; là ou le principe de la division entre sphère politique et sphère marchande est établi, la corruption se doit d’être considérée comme une pathologie donc nécessitant un traitement préventif et curatif. N’est ce pas le cas au Burkina ?
Le mal est connu. Même si les pratiques sont variées et les méthodes utilisées discrètes et sécrètes. Dans son sens originaire la corruption est toute altération d’un état premier considéré comme pur ou idéal. D’une manière plus flexible l’on peut considérer tout échange entre deux marchés clandestins comme de la corruption. Cet échange permet à des acteurs privés d’avoir accès à des ressources publiques de manière biaisée et leur procure des bénéfices matériels ou financiers. Et les dits marchés classifiés en politico-administratifs et socio-économiques. Tant qu’il y’aura des individus disponibles pour ces types d’échanges clandestins, la corruption ne peut que se développer. De plus les informations sur les cas de corruption proviennent en général de la rumeur pour les cas d’enrichissement personnel et de la presse qui use le plus souvent du conditionnel pour révéler les faits. Il se susurre que…selon des indiscrétions il y aurait eu détournement dans … Enfin l’autre arme de lutte contre la corruption c’est la justice. Il se trouve que l’institution judiciaire elle-même est rongée par ce mal.
Une certitude demeure pourtant. Délit d’apparence ou pas on peut affirmer avec l’honorable Laurent BADO qu’il est malsain de prétendre que certaines situations ne relèvent pas de la corruption. Car quoi que l’on dise, sous nos tropiques trois situations permettent à une personne d’accéder à la richesse : le travail, la chance ( par l’héritage ou par les jeux de hasard) , et le vol. Malheureusement il se trouve que le travail ne conduit pas qu’à la richesse et il n’est pas donné à tout le monde d’avoir de la chance. C’est peut être ce qui explique que beaucoup préfère atteindre le sommet sans efforts.
tabyam ouedraogo
tel 00226 71996030
mercredi 17 mars 2010
Silence coupable ou impuissance ?
Les Bukinabè consomment de plus en plus de gaz butane. Une consommation qui croît chaque année de manière importante occasionnant par moment des poches de pénuries. Au-delà, une pratique a pris de l’ampleur depuis quelques années au point de constituer de nos jours un obstacle à l’essor du secteur du gaz butane au Burkina Faso : la vente illicite des bouteilles.
Se procurer une bouteille de gaz vide est aussi aisé que s’acheter une baguette de pain dans la ville de Ouagadougou. Il suffit pour ce faire de se rendre dans n’importe quel coin de rue et vous trouverez des commerçants vendant des bouteilles de gaz butane vides ou parfois pleines, toutes marques confondues.
Cette vente de bouteilles vides est pourtant illégale selon les textes portant organisation de la concurrence au Burkina Faso. Selon l’arrêté n°02-45 du 3 juin 2002, les bouteilles de gaz sont la propriété privée des distributeurs et ne peuvent par conséquent être vendu par une tierce personne. En effet, étant responsables tant du point de vue de la sécurité que du point de vue de la propriété des différentes marques de bouteilles agréées, les distributeurs sont en principe seuls habilités à consigner les bouteilles.
Du reste, les taux de consigne qui sont fixés par Arrêté du Ministre du Commerce (Arrêté n°02-45/MCPEA/SG du 3 juin 2002 et son additif du 09 août 2002) sont les suivants pour les bouteilles couramment utilisées : bouteille de 2 ,75 Kg : 9 000 F. CFA bouteille de 6 Kg : 13 500 F. CFA bouteille de 10,8 Kg : 16 000 F. CFA bouteille de 12,5 Kg : 16 500 F. CFA
Aussi, toute personne qui voudrait se procurer une bouteille vide devrait s’adresser exclusivement à un distributeur ou à son mandataire (revendeur agréé). De même, tout consommateur peut changer de marque ou restituer sa bouteille par exemple et récupérer son argent (déconsigne). Exactement comme cela se fait lorsqu’on se rend à la cave pour se procurer une caisse de bière (on se présente avec des bouteilles vides en échange de bouteilles pleines ou on consigne les bouteilles).
Malheureusement, les dispositions ci-dessus sont méconnues des consommateurs qui achètent ainsi plus cher les bouteilles avec les commerçants aux abords des rues, encourageant par la même occasion, à leur corps défendant, la vente illicite des bouteilles. Une autre conséquence de cette situation est la recrudescence des vols de bouteilles chez les revendeurs et dans les domiciles dans la mesure où la bouteille a une valeur marchande importante. Les distributeurs également ne sont pas moins lésés par la vente illicite des bouteilles.
En effet, il semblerait que les prix de revient des bouteilles qu’ils importent sont supérieurs à leurs taux de consigne. Malgré cela, ils sont tenus de se conformer strictement à la réglementation en matière de consigne. En revanche, les commerçants aux abords des rues ne respectent pas cette réglementation et vendent les bouteilles (dont ils ne sont pas du reste propriétaires) à des prix nettement plus élevés que les taux homologués. Ce qui constitue un frein à la vulgarisation du gaz butane dans la mesure où ces taux homologués ne bénéficient pas aux consommateurs.
Pourtant, l’arrêté n°00-58 MCIA/SG/IGAE du 8 septembre 2000 portant interchangeabilité des bouteilles soulignait en son article 2 ceci : « Les distributeurs de gaz butane sont et demeurent responsables tant du point de vue de la sécurité que du point de vue de la propriété des différentes marques d’emballages qu’ils ont introduites sur le marché burkinabè » .Cela signifie clairement qu’en cas de problème ou d’accident grave survenu à cause d’une bouteille, le distributeur dont la marque est concernée devrait répondre . Cela signifie également que pour être distributeur de gaz butane au Burkina Faso, l’on doit également importer ses propres bouteilles et y porter sa marque.
Ce qui a l’avantage à la fois de responsabiliser les distributeurs et de les mettre à l’abri de toute concurrence déloyale. C’est dans le même esprit qu’a été mis fin à l’interchangeabilité des bouteilles. Cette disposition, selon les partisans de l’interchangeabilité des bouteilles demande un effort supplémentaire au consommateur puisse qu’il doit forcement se rendre chez le revendeur qui dispose de la même marque que lui pour s’approvisionner en gaz butane. Cependant il y a un risque de désorganisation du secteur qui, à la longue ne profiterait pas au consommateur. En effet si les distributeurs sont affaiblis par la fraude et la concurrence déloyale, cela peut déstabiliser le secteur et partant, porter un coup à l’économie nationale en termes de baisse de revenus de l’Etat (impôts) et d’augmentation du taux de chômage. En dernier ressort, c’est le consommateur qui en pâtirait le plus. Le respect des textes régissant le secteur du gaz incombe selon l’arrêté n°02-45 du 3 juin 2002, à la direction générale du commerce et à l’Inspection générale des affaires économiques (IGEAE). Malheureusement jusqu’à présent on ne voit aucune action concrète entreprise par ces structures pour endiguer le phénomène de la vente illicite des bouteilles.
Est-ce un silence coupable ou tout simplement une impuissance de ces structures face à la situation ? Il est difficile de répondre à cette question. En attendant, le phénomène prend des proportions inquiétantes avec l’entrée dans le pays des bouteilles de gaz « France au revoir ».
Toute chose qui risque de mettre en péril la politique actuelle de l’Etat qui est de rendre le gaz accessible au plus grand nombre de citoyens. Au regard de ces enjeux, l’Inspection générale des affaires économiques, malgré les moyens modestes dont elle dispose doit briser le silence et mettre un peu d’ordre dans le secteur. Cela éviterait qu’on la taxe de complice des réseaux de distribution parallèles. Les distributeurs ont également leur partition à jouer. En effet, étant donné qu’il s’agit de leur survie, ils devraient unir leurs forces pour mener des campagnes de sensibilisation des consommateurs sur les conséquences préjudiciables de la vente illicite des bouteilles. Des mesures d’accompagnement comme la multiplication des points de vente agréés pourraient également s’avérer salutaires.
Fatouma Sophie Ouattara
Se procurer une bouteille de gaz vide est aussi aisé que s’acheter une baguette de pain dans la ville de Ouagadougou. Il suffit pour ce faire de se rendre dans n’importe quel coin de rue et vous trouverez des commerçants vendant des bouteilles de gaz butane vides ou parfois pleines, toutes marques confondues.
Cette vente de bouteilles vides est pourtant illégale selon les textes portant organisation de la concurrence au Burkina Faso. Selon l’arrêté n°02-45 du 3 juin 2002, les bouteilles de gaz sont la propriété privée des distributeurs et ne peuvent par conséquent être vendu par une tierce personne. En effet, étant responsables tant du point de vue de la sécurité que du point de vue de la propriété des différentes marques de bouteilles agréées, les distributeurs sont en principe seuls habilités à consigner les bouteilles.
Du reste, les taux de consigne qui sont fixés par Arrêté du Ministre du Commerce (Arrêté n°02-45/MCPEA/SG du 3 juin 2002 et son additif du 09 août 2002) sont les suivants pour les bouteilles couramment utilisées : bouteille de 2 ,75 Kg : 9 000 F. CFA bouteille de 6 Kg : 13 500 F. CFA bouteille de 10,8 Kg : 16 000 F. CFA bouteille de 12,5 Kg : 16 500 F. CFA
Aussi, toute personne qui voudrait se procurer une bouteille vide devrait s’adresser exclusivement à un distributeur ou à son mandataire (revendeur agréé). De même, tout consommateur peut changer de marque ou restituer sa bouteille par exemple et récupérer son argent (déconsigne). Exactement comme cela se fait lorsqu’on se rend à la cave pour se procurer une caisse de bière (on se présente avec des bouteilles vides en échange de bouteilles pleines ou on consigne les bouteilles).
Malheureusement, les dispositions ci-dessus sont méconnues des consommateurs qui achètent ainsi plus cher les bouteilles avec les commerçants aux abords des rues, encourageant par la même occasion, à leur corps défendant, la vente illicite des bouteilles. Une autre conséquence de cette situation est la recrudescence des vols de bouteilles chez les revendeurs et dans les domiciles dans la mesure où la bouteille a une valeur marchande importante. Les distributeurs également ne sont pas moins lésés par la vente illicite des bouteilles.
En effet, il semblerait que les prix de revient des bouteilles qu’ils importent sont supérieurs à leurs taux de consigne. Malgré cela, ils sont tenus de se conformer strictement à la réglementation en matière de consigne. En revanche, les commerçants aux abords des rues ne respectent pas cette réglementation et vendent les bouteilles (dont ils ne sont pas du reste propriétaires) à des prix nettement plus élevés que les taux homologués. Ce qui constitue un frein à la vulgarisation du gaz butane dans la mesure où ces taux homologués ne bénéficient pas aux consommateurs.
Pourtant, l’arrêté n°00-58 MCIA/SG/IGAE du 8 septembre 2000 portant interchangeabilité des bouteilles soulignait en son article 2 ceci : « Les distributeurs de gaz butane sont et demeurent responsables tant du point de vue de la sécurité que du point de vue de la propriété des différentes marques d’emballages qu’ils ont introduites sur le marché burkinabè » .Cela signifie clairement qu’en cas de problème ou d’accident grave survenu à cause d’une bouteille, le distributeur dont la marque est concernée devrait répondre . Cela signifie également que pour être distributeur de gaz butane au Burkina Faso, l’on doit également importer ses propres bouteilles et y porter sa marque.
Ce qui a l’avantage à la fois de responsabiliser les distributeurs et de les mettre à l’abri de toute concurrence déloyale. C’est dans le même esprit qu’a été mis fin à l’interchangeabilité des bouteilles. Cette disposition, selon les partisans de l’interchangeabilité des bouteilles demande un effort supplémentaire au consommateur puisse qu’il doit forcement se rendre chez le revendeur qui dispose de la même marque que lui pour s’approvisionner en gaz butane. Cependant il y a un risque de désorganisation du secteur qui, à la longue ne profiterait pas au consommateur. En effet si les distributeurs sont affaiblis par la fraude et la concurrence déloyale, cela peut déstabiliser le secteur et partant, porter un coup à l’économie nationale en termes de baisse de revenus de l’Etat (impôts) et d’augmentation du taux de chômage. En dernier ressort, c’est le consommateur qui en pâtirait le plus. Le respect des textes régissant le secteur du gaz incombe selon l’arrêté n°02-45 du 3 juin 2002, à la direction générale du commerce et à l’Inspection générale des affaires économiques (IGEAE). Malheureusement jusqu’à présent on ne voit aucune action concrète entreprise par ces structures pour endiguer le phénomène de la vente illicite des bouteilles.
Est-ce un silence coupable ou tout simplement une impuissance de ces structures face à la situation ? Il est difficile de répondre à cette question. En attendant, le phénomène prend des proportions inquiétantes avec l’entrée dans le pays des bouteilles de gaz « France au revoir ».
Toute chose qui risque de mettre en péril la politique actuelle de l’Etat qui est de rendre le gaz accessible au plus grand nombre de citoyens. Au regard de ces enjeux, l’Inspection générale des affaires économiques, malgré les moyens modestes dont elle dispose doit briser le silence et mettre un peu d’ordre dans le secteur. Cela éviterait qu’on la taxe de complice des réseaux de distribution parallèles. Les distributeurs ont également leur partition à jouer. En effet, étant donné qu’il s’agit de leur survie, ils devraient unir leurs forces pour mener des campagnes de sensibilisation des consommateurs sur les conséquences préjudiciables de la vente illicite des bouteilles. Des mesures d’accompagnement comme la multiplication des points de vente agréés pourraient également s’avérer salutaires.
Fatouma Sophie Ouattara
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